La rebelle domestiquée, ou le jour ou j'ai tout foutue en l'air

 

La rebelle domestiquée

Le jour où j’ai tout foutu en l’air

Il y a un an, j’ai entrepris un programme de remise en santé avec une merveilleuse alliée. Une naturopathe/homéopathe/entraîneur privée. Je l’ai rencontré lors d’un 5 à 7. J’apprécié ses conseils et sa franchise. Après un premier rendez-vous où j’ai patiemment fait le tour de mon histoire de santé avec elle, elle me suggéra un programme qui visait à savoir ce qui irritait mon système digestif, et m’empêchait de perdre du poids malgré mes longues séances de gym et mon alimentation respectueuse du guide alimentaire canadien. Au cours des douze mois qui suivirent, j’ai changé beaucoup de choses, j’ai avalé des mixtures à l’allure et au goût carrément exécrable, j’ai bouleversé l’ordre d’absorption de certains aliments, j’ai fait de belles découvertes alimentaires, j’ai fait de cures, des mini-jeunes, j’ai noté consciencieusement tout ce qui passait mes lèvres et l’autre extrémité de mon tube digestif. Elle m’a pesée, pincée, mesurée, félicitée, grondée, mise au défi, surprise, applaudie, tout ça dans la bonne humeur et la patience. Comme j’étais déterminé à me remettre en forme, je ne lui avais pas donné de limite.

 

Un an plus tard, j’en suis presque à la fin du processus. J’ai appris que mon corps ne tolérait pas les produits laitiers et n’aimait pas le gluten. J’ai donc banni les fromages, le lait, la crème, etc.; et les produits qui contiennent du blé. J’ai réduit les sucres, l’alcool, le café. J’ai changé la nature des gras que je choisis pour la cuisson et la préparation de mes aliments, j’ai augmenté la quantité de protéine de mes repas. Tout ça avec une rigueur quasi olympienne. 

 

J’ai perdu du poids, je fais des beaux « cacas » et je suis fière de dire que je suis en super forme. Mais voilà que la semaine dernière tout a pris le bord. Après un an d’effort et de rigueur. J’ai tout foutu en l’air. Un événement atroce est venu bouleverser mon univers. Un ami proche a succombé à un infarctus. Son départ m’a grandement secouée. Je me suis demandé pourquoi je m’astreignais à toute cette gymnastique, si la vie ne tenait qu’à si peu. J’ai réalisé que rien de tout ce que je faisais ne pourrait prévenir l’inévitable . Pourquoi ferais-je tout ce cirque pour m’aider à rester en santé si c’est pour crever sans crier gare?  Sans y réfléchir plus,  j’ai tout balancé. Sans même en prendre réellement la décision, j’ai simplement arrêté de surveiller ce que je mangeais. Plus de restriction, plus d’ordre, plus de journaux alimentaires. J’ai refusé de faire de l’alimentation le centre de ma vie. Je refusé d’être cette personne qui picosse dans son assiette parce qu’il y a du gras insaturé, parce qu’il y a trop de sel, trop de sucre, pas suffisamment de fibre, etc. J’en ai eu assez. 

J’ai mangé une énorme gaufre, avec beaucoup de sirop d’érable, j’ai bu plusieurs cafés avec de la crème. J’ai bu de la bière, du vin et j’ai mangé du pop corn super salé. Bref! Je me suis rebellée. J’ai eu envie d’être insouciante. J’avais envie de croquer la vie et cela voulais dire pas de restriction, pas de règles, pas de complication. Pas de magasinage spécial pour avoir dans mon assiette ce que mon corps respecte, pas de décryptage d’étiquette pour savoir si oui ou non cet aliment respecte mon programme. Une journée « pay check » par semaine ne me suffit pas, c’est trop triste! L’escapade a duré 2 jours…

 

Aujourd’hui, je me sens moins rebelle. La crise est passée. Je m’aperçois que j’ai été discipliné une grande partie de ma vie. J’ai fait ce qu’on attendait de moi pour réussir et avoir du succès. Pourtant c’est quand j’ai décidé de me rebeller et de n’écouter que mon instinct que j’ai réellement réussi et que le succès est arrivé. Je crois que ma nature est ainsi faite. Je remets en question l’ordre établi pour trouver où est ma voie. Je me suis rendu compte que malgré tout, c’était exactement ce que j’avais fait en décidant d’entreprendre ce programme alimentaire. J’ai décidé de foutre en l’air les bases des grands principes alimentaires que j’avais reçus et suivis aveuglément au détriment de ma santé, pour finalement ne me fier qu’à mon instinct. J’ai remis certaines choses en question, parce que mon corps me montrait des signes d’épuisement. Avec l’aide de Véronique, j’ai tracé un chemin différent et sur mesure pour moi. J’ai appris à comprendre ce dont mon corps avait besoin pour bien fonctionner et performer. 

 

Véro apprendra  ma délinquance en lisant ce blogue, je suis certaine qu’elle sera un peu déçue, mais aussi un peu fière de voir combien cela m’a fait réfléchir. Il arrive qu’on saute en bas du train à l’occasion. L’important c'est qu’on fasse une chute intelligente. Je crois que j’ai toujours beaucoup appris chaque fois où j’ai tapé du pied et que j’ai dit « NON! Je fais ce que j’veux », et ce que je veux, c'est respecté ma nature. Alors je remonte dans le train, celui mené par mon instinct. La durée de mon séjour n’est pas encore connue, mais le voyage me ressemblera. 

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