La journée de la femme est-ce encore nécessaire?

Le jour de la femme était pour moi une journée comme les autres. Je croyais que c'était un vestige du passé "Flower Power" de mes parents. J'associais ça aux femmes moches pas maquillées, pas rasées, mal fagotées qui sentent le patchouli. À celle qui n'a pas connu de bons gars. J'étais jeune et naïve. 

 

Au fil du temps, je me suis fait mettre dans la face ma grossière erreur. Mon propre père ne voulait pas prendre de femme comme associé parce qu'elle finirait par avoir des bébés et partirait en congé de maternité et serait constamment dérangé par les bobos des enfants. Pourtant c'était bien lui qui me répétait que je pouvais être et faire ce que je voulais dans la vie. Puis, j'ai eu des postes qui étaient, pour travail-compétences-expériences égal, moins bien payé que mes collègues masculins. 

 

J'ai également dû retenir des larmes, des colères, des frustrations par peur de me faire dire que j'étais hystérique, trop sensible ou encore "dans ma semaine". J'ai fait plus que ma part, j'ai accepté des commentaires déplacés, des regards insolents, des gestes inappropriés pour faire partie de "la gagne". J'ai été recalé par des hommes qui ont craint de perdre leurs "places" à cause de femmes comme moi. 

 

Quand mes filles ont été en âge de travailler et que j'ai réfléchi aux parcours qui les attendaient et que si elles portaient des tenus trop courte, elles devaient s'attendre à recevoir de la part d'hommes de tout âge des commentaires ou des gestes qu'elles ne devaient pas accepter, mon opinion a radicalement changé. Je ne pouvais concevoir que mes filles soient victimes, à leurs tours du double standard de la société.

 

La venue de l'internet m'a fait voir combien de femmes dans le monde sont encore des objets, des esclaves, de la marchandise, des animaux. Cela m'est insupportable. Je ne peux pas rester les bras croisés et accepter que mes sœurs du monde ne puissent vivre librement, ouvertement, paisiblement tous les jours.

 

Le mouvement #moiaussi nous a montré qu'il y a encore beaucoup trop de silence autour du comportement déviant de certains hommes. Des pays puissants sont dirigés par de grossiers personnages qui utilisent, ridiculisent et diminuent la femme. La société est un énorme paquebot qu'on ne peut pas virer d'un seul coup. Je conçois qu'il lui faut du temps, mais nous ne pouvons pas baisser les bras parce que nous lui avons donné une petite poussée et attendre que le parcours soit rectifié... On doit de relayer et surveiller la trajectoire avec une constante et douce pression. Jusqu'à ce que nous soyons enfin respectés partout comme des humains à parts égales. Aucun mammifère ne traite ses femelles comme l'humain sait le faire. 

Je suis femme et fière.

 

Je me tient debout aux côtés de mes sœurs pour dire à nos filles et aux merveilleux hommes qui nous accompagnent, qu'il reste du chemin è faire, que nous veillons et que nous ne nous laisserons pas impunément abusé plus longtemps. Oui la journée de la femme à sa raison d'être. Pour celle qui on commencé à changer les choses et pour celles qui en profiteront demain.

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